Crise humanitaire au Nord-Kivu : Conflits, déplacements massifs et interventions d'Hôpital Sans Frontière

La province du Nord-Kivu, située à l’est du Congo, est la région la plus peuplée de la République Démocratique du Congo, couvrant une superficie de 59 483 km² et abritant environ 10,5 millions d’habitants. Malheureusement, depuis 2022, elle est en proie à des conflits violents opposant différents groupes armés, principalement le M23, aux Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). Les conséquences de ces violences sont désastreuses pour la population, avec près de 3 millions de personnes nécessitant une aide alimentaire et plus d’un million ayant un besoin médical urgent.

1.      Situation actuelle : déplacements massifs et conditions précaires

En février 2024, la crise dans le Nord-Kivu s’est une nouvelle fois intensifiée entre les groupes rebelles et les forces du gouvernement congolais, provoquant des déplacements massifs de la population vers les camps de réfugiés à proximité de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu. La situation dans les camps est très précaire. Ils sont surpeuplés, la nourriture, l’eau et les soins de santé y sont rares. Les conditions sont propices aux épidémies, particulièrement au cholera lié au manque d’eau potable, d’hygiène et d’assainissements adéquats.

Les habitants qui décident de rester dans leur village sont souvent les premières victimes des atrocités de la guerre, telles que des attaques armées contre les civils, des exécutions, des enlèvements et des agressions sexuelles.

Le Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA) a révélé que, depuis 2023, plus de 2 millions de personnes se sont déplacées dans les provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu et l’Ituri. En conséquence, le nombre de personnes déplacées s’élève à plus de 5.5 millions depuis la reprise des hostilités en 2022. Dans 96,9% des cas, la cause de ces déplacements est directement liée à la guerre. Les 3,1% restants sont liés aux catastrophes naturelles (inondations, éruptions volcaniques, secousses sismiques,…). Au vu de l’importante population déplacée, il est difficile de répondre aux besoins essentiels. Ainsi, ce sont les besoins en eau et nourriture, en logement et en soins de santé qui se font le plus durement ressentir.

Source : OCHA (2024, février), Évolution du nombre de ménages déplacés internes par la résurgence du M23 au Nord-Kivu, entre août 2023 et février 2024 [ infographie ].

2. L’intervention d’Hôpital Sans Frontière dans cette crise

Face à cette crise humanitaire, les structures de santé locales sont dépassées, confrontées à des pénuries de matériel médical, des coupures d’électricité et d’eau fréquentes, ainsi qu’à une augmentation du nombre de patients nécessitant des soins intensifs. Dans ce contexte, HSF intervient en fournissant du matériel médical et hospitalier aux centres de soins de la région, notamment à Bukavu et Goma, ainsi que dans d’autres villes fortement touchées.

Les impacts des actions d’HSF sont multiples :

  • Renforcement des structures de santé locales pour une meilleure prise en charge des patients et une modernisation des équipements médicaux.
  • Formation du personnel soignant sur l’utilisation et la maintenance du matériel, ainsi que sur de nouvelles techniques médicales.
  • Éducation sanitaire et prévention des maladies grâce à des programmes de sensibilisation sur l’hygiène et la prévention des maladies, essentiels pour la santé de la population, en particulier des réfugiés.

3.     Origines du conflit

Les origines du conflit dans le nord Kivu sont complexes. Après l’indépendance de la République Démocratique du Congo le 30 juin 1960, le pays a été secoué par une instabilité politique persistante. Cette situation a été exacerbée par le génocide rwandais de 1994, lorsque plus de 2 millions de Hutus ont fui le Rwanda par peur de représailles de la part du nouveau gouvernement. Cette migration massive a augmenté les tensions dans la région, menant à une escalade de la violence dans le Kivu.

Les réfugiés Hutus ont attaqué les Tutsis congolais, tandis que le Rwanda a soutenu les Tutsis en leur fournissant des armes pour se défendre. En réaction à cette ingérence étrangère, le gouvernement congolais a expulsé les Tutsis de son territoire, déclenchant la première guerre du Congo (1996-1997).

La première guerre s’est terminée par l’arrivée au pouvoir de Laurent-Désiré Kabila, soutenu par les forces rwandaises et ougandaises. Cependant, Kabila s’est rapidement retourné contre ses alliés, expulsant les Tutsis du territoire congolais en 1998, déclenchant ainsi la deuxième guerre du Congo, qui a duré de 1998 à 2003.

Les conflits dans la région ont persisté avec la guerre du Kivu de 2004 à 2009, caractérisée par des affrontements entre divers groupes armés et les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), entraînant de nombreux crimes contre l’humanité.

En 2012, malgré un accord de paix précaire, la rébellion du M23 a éclaté, accusant le gouvernement de ne pas respecter l’accord précédent. Malgré la signature ultérieure d’un accord de paix entre le gouvernement congolais, les forces onusiennes et le M23, des groupes armés et des milices ont continué à se développer dans la région, ciblant les civils.

En mars 2022, le groupe rebelle M23 a relancé des attaques dans la province, marquant ainsi une reprise des hostilités entre le M23 et les FARDC. Le gouvernement congolais a accusé le Rwanda de collaborer avec les rebelles du M23, accentuant les tensions politiques. Des dizaines de milliers de personnes ont fui la région, et malgré les tentatives de négociation et de cessez-le-feu, la situation reste inchangée. Les civils sont les principales victimes de ce conflit et ont un besoin d’aide humanitaire urgent que HSF peut leur procuré.

 

4.     Pourquoi le Nord-Kivu

Nous pouvons expliquer l’escalade de la violence au Nord-Kivu par différents contextes. Ceux-ci portent sur l’aspect socio-historique, géographique et économique de la région :

 

Actuellement, nous avons toujours des projets en cours dans les villes de Goma, Minova, Mokamo, Butembo, Bukavu et Uvira. Votre aide peut transformer des vies. Chaque don, aussi petit soit-il, peut avoir un impact significatif sur les communautés que nous soutenons. Ensemble, nous pouvons créer un monde où chaque individu a la possibilité de s’épanouir.

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